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Interview de Mathilde Choisy, directrice générale de la FFE   

17/08/2020

Mathilde Choisy, directrice générale de la FFE, est l'invitée du mois dans le Cahier de la Fédé du numéro de septembre d'Europe Échecs.

Dans cette interview, elle analyse les conséquences de la crise sanitaire pour le jeu d'échecs en France et présente la saison à venir.

À la suite de la démission de Jérôme Valenti, le comité directeur de la FFE en juin a adoubé Mathilde Choisy directrice générale. C'est la première fois qu'une femme atteint un tel niveau de responsabilités au sein de la FFE. Mais bien sûr, ce n'est pas pour ça qu'a été choisie cette jeune trentenaire qui avait déjà porté en 2019, en tant que DTN adjointe, le lourd dossier des réformes en lien avec l'Agence nationale du sport. Aujourd'hui, c'est un contexte encore plus sensible qui l'attend.

Être nommée directrice générale de la FFE en pleine crise sanitaire, n'est-ce pas un cadeau empoisonné ?

J'ai conscience, bien évidemment, que la mission n'est pas simple dans le contexte actuel, mais je suis motivée, il y a tellement à faire. Nous avons déjà pu beaucoup avancer ces dernières années, mais les chantiers sont encore importants.

Le président vous a proposé le poste parce qu'il pense que vous êtes la femme de la situation ?

Je ne sais pas (rires). Mais j'ai la faiblesse de croire que je peux aider et apporter quelque chose, tout particulièrement dans ce contexte difficile. Depuis deux ans que je suis à la FFE, j'ai touché à peu près à tous les domaines. Du coup, j'ai une vision assez globale et transversale de la situation, qu'elle soit sportive, financière, administrative et notamment institutionnelle, puisque c'est moi qui gérais déjà en grande partie ce secteur.

Sur le plan sanitaire, quelle est précisément la situation, actuellement, pour les échecs en France ?

Les échecs étaient classés dans les sports dits de contact, ce qui signifie que, jusqu'au 10 juillet, la pratique ne pouvait se faire que sous de fortes restrictions. Mais depuis la fin de l'état d'urgence, toutes les interdictions gouvernementales ont été levées. On peut donc jouer sur le même jeu tout en respectant les règles sanitaires édictées par l'organisateur. Du coup, les homologations d'opens sont à nouveau possibles.

Dans ce cas, pourquoi y en a-t-il eu si peu pendant l'été ?

Les restrictions ont été levées au niveau national par le gouvernement, mais il y en a encore sur le plan local. Beaucoup de municipalités ou d'exploitants ne veulent pas donner de salles, car ils pourraient se retrouver pénalement responsables en cas de problèmes. Certains départements peuvent aussi limiter les rassemblements de plus de 10 personnes. Dans des cas comme ça, il n'est donc pas possible d'organiser une compétition d'échecs. De plus, les grands tournois demandent une longue préparation logistique en amont, et de manière générale, les grands événements ont horreur de l'incertitude et avaient tous été annulés dès mai-juin.

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